SPIN OF THE PROTONS

> Composition, musique: Patricia Bosshard et Simon Grab

> Vidéo, scénographie: Nicolas Wintsch

Clip vidéo de Juliette Klinke

Spin of the protons est une pièce visuelle et sonore créée à partir de l’expérience vécue dans le tunnel IRM.

Cette pièce a été élaborée autour de la machine à résonnance magnétique. Grâce au soutien de différents hôpitaux, nous sommes allés enregistrer les sons de la machine IRM et avons récolté les images des différentes parties de notre corps.

Transformant cette matière première, nous rendons visible et palpable ce qui n’est pas visible à l’oeil nu, et plongeons le spectateur dans une véritable dimension physique et charnelle du son et de l’image.

Un projet  sensoriel et organique questionnant notre rapport à l’environnement et à la perception de notre propre corps.

Création: 16 au 20 octobre 2013, Théâtre 2.21, Lausanne

>DOSSIER

ORIGINE

Spin of the protons est un projet qui a vu le jour en 2009 lorsque nous, Patricia Bosshard et Simon Grab, avons gagné le concours de création du LUFF (Lausanne Underground Film Festival). Nous avons alors entamé une recherche musicale autour des sons que produit une machine IRM, les avons enregistré et utilisé pour en faire une composition jouée en multi diffusion.

En 2010:  Vinyl « MRI » paru sous Everestrecords // everestrecords.ch

En 2012:  Sélection du meilleur album expérimental au Qwartz Electronic Music, Paris.

Puis, nous avons décidé de continuer nos recherches autour de l’IRM en utilisant les images que produit la machine.

L’IDEE

Quiconque se retrouve dans un tunnel IRM vit une expérience inoubliable car il se retrouve dans une situation de faiblesse, confronté à une technologie puissante. La machine émet des bruits impressionnants, produit des images détaillées du corps blessé et impose au blessé un moment qui peut être vécu comme claustrophobe.

En tant que musiciens/artistes attentifs à l’environnement qui nous entoure, et le fait d’avoir vécu un IRM, nous a donné envie de transposer cette situation inhabituelle dans un contexte de spectacle.

La fascination du corps humain et de son intérieur caché existe depuis la nuit des temps. Aujourd’hui, grâce à la recherche scientifique et grâce aux nouvelles technologies, nous pouvons voir ce qui est longtemps resté inaccessible.

LA MACHINE

Le scanner IRM – Imagerie par Résonance Magnétique – produit des images de la structure interne du corps au moyen de champs magnétiques et d’ondes radioélectriques qui, pour le dire très simplement, alignent les protons à l’intérieur de chaque cellule. Le patient est placé dans un mini-tunnel où règne un champ magnétique. L’émission d’ondes radio va positionner les protons de son corps dans un état particulier appelé résonance. Le retour de ces protons à leur état d’équilibre va engendrer la formation d’un signal dans une antenne réceptrice.

Lors d’un examen IRM, c’est l’analyse de ce signal par un ordinateur qui permet d’obtenir les images des différentes parties du corps humain.

Pour avoir une image précise du corps, la machine crée une image en trois dimensions. Nous allons donc restituer ce procédé en mettant les sons et les images en trois dimensions dans l’espace, à savoir en multi diffusion.

LA MUSIQUE

Dans une tradition de la musique concrète telle que l’ont explorée Pierre Schaeffer, Walter Ruttmann ou encore Luigi Russolo, les sons sont utilisés de manière très brute. Cette matière première est si riche et si complexe que nous nous préoccupons essentiellement de la mettre en espace et de transformer le son en fonction de ce qu’il propose, selon certains paramètres propres à la musique électronique: variations de fréquences, modulations… Il en résulte une musique concrète bruitiste, tantôt minimaliste, tantôt dub-électronica.

LES IMAGES

A l’aide d’un logiciel médical, je, Nicolas Wintsch, ai récupéré et choisi un certain nombre d’images fixes, puis les ai retravaillées une à une en noir et blanc, dans leur contraste et luminosité. J’ai constitué des séquences vidéo hypnotiques en slow-motion et en accéléré, je crée ainsi une partition troublante, organique, cellulaire et résolument picturale, qui tisse un lien direct avec la musique.

Cette partition visuelle est ensuite intertprétée en direct lors des représentations. Les images réagissent aux différentes fréquences sonores, s’accélèrent, ralentissent, s’immobilisent, se mélangent et plongent dans la matière du corps humain jusqu’à l’abstraction.

LE SPECTACLE

La projection des images récoltées des IRM se fait sur un écran central, comme sur un grand moniteur de contrôle. Peu à peu, elles débordent de ce cadre et commencent à envahir l’espace, les parois latérales, le sol et les performeurs. La musique en multi diffusion envahit elle aussi l’espace. Images et musique sont en interaction, leurs rythmes parfois se suivent fidèlement, parfois se décalent, selon l’inspiration du moment. Il en résulte une forte sensation d’immersion dans le corps humain.